Un exemple d’obligation de conseil de l’agent d’assurance

Voici à travers un arrêt un exemple d’obligation de conseil de l’agent d’assurance :

« Vu les articles 1147 du Code civil et L. 511-1 du Code des assurances ;

Attendu, selon l’arrêt infirmatif attaqué, que Mme de X…, avait souscrit auprès du groupe Drouot, devenu la société Axa assurances puis Axa France IARD, un contrat d’assurance multirisques comportant une garantie vol de bijoux ; que M. Y…, agent général d’Axa, lui a fait souscrire une nouvelle police, en remplacement de ce contrat ; qu’ayant été victime d’un cambriolage à l’occasion duquel lui ont été dérobés des bijoux, Mme de X… a demandé la garantie de l’assureur, qui a refusé de l’indemniser de cette perte, la nouvelle police ne couvrant pas le vol de bijoux ; qu’elle a assigné la société Axa ainsi que M. Y… devant le tribunal de grande instance, en responsabilité et indemnisation, en invoquant notamment un manquement de l’agent général à son devoir de conseil et d’information ;

Attendu que, pour dire que M. Y… n’avait pas manqué à ses obligations, l’arrêt énonce que caractérise en droit l’accomplissement de l’obligation d’information par l’agent d’assurance le fait de signer et de recevoir un exemplaire du contrat par l’assuré ; qu’il est constant que Mme de X… a signé un contrat dénué de toute ambiguïté ; que les clauses relatives à l’assurance vol pour les bijoux et objets précieux sont claires et compréhensibles de la part de tout le monde ;

Qu’en statuant ainsi, alors qu’elle constatait que la nouvelle police souscrite par Mme de X… remplaçait celle qu’elle avait précédemment conclue avec le même assureur, mais qu’elle ne comportait pas la garantie vol de bijoux acquise dans la précédente, et sans rechercher si M. Y… avait attiré l’attention de l’assurée sur cette réduction de garantie, la cour d’appel n’a pas donné de base légale à sa décision au regard des textes susvisés ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 23 novembre 2004, entre les parties, par la cour d’appel de Montpellier ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Montpellier, autrement composée ;

Condamne M. Y… et la société Axa France aux dépens ;

Vu l’article 700 du nouveau Code de procédure civile, rejette la demande de la société Axa France et de M. Y… ;

Dit que sur les diligences du Procureur général près la Cour de Cassation, le présent arrêt sera transmis pour être transcrit en marge ou à la suite de l’arrêt cassé ;

Ainsi fait et jugé par la Cour de Cassation, Deuxième chambre civile, et prononcé par le président en son audience publique du huit mars deux mille six. »